La paix, les progrès dans l'agriculture, l'élan de l'industrie, l'essor du commerce font de la France la première puissance économique. Bourgeois, négociants, hommes de loi en sont les premiers bénéficiaires, ils cherchent reconnaissance et des alliances avec la noblesse qui, confrontée au pouvoir royal absolu, hésite entre libéralisme et réaction. Les nouvelles idées, apportées par les philosophes, les combats pour la liberté, contre l'esclavage, l'arbitraire et l'intolérance, le goût pour les sciences nouvelles, rassemblent intellectuels, aristocrates et bourgeois cultivés. | ![]() Le diner des philosophes. |
L'Angleterre, libérale, ou règnent, la séparation des pouvoirs (exécutif législatif et judiciaire), une plus grande liberté d'entreprise et de commerce, sert d'exemple à la noblesse et à la bourgeoisie française opposées à la monarchie absolue. La maçonnerie, d'origine anglaise, rassemble les valeurs des philosophes des Lumières : liberté, tolérance, justice et fraternité. Ses origines aristocratiques attirent bourgeoisie évoluée, hommes de loi, intellectuels et notables qui y cherchent la reconnaissance de ses dirigeants de haute noblesse. Désirs de débats intellectuels, de libres discussions font la bonne fortune des salons, bibliothèques, sociétés savantes parisiennes et provinciales mais aussi des Loges maçonniques La Franc-Maçonnerie tolère toutes les religions mais elle est d'inspiration essentiellement chrétienne comme en témoignent les appellations des Loges du Calvados, la plupart, patronnées par des Saints. | |
Saint-Charles de la Bonne Union à Bayeux, Saint-Augustin de la Parfaite Union à Falaise, Saint Philippe de la Concorde à Lisieux et Saint Guillaume à Vire La Constance à Bayeux, Thémis, Union Fraternité, la Constante Amitié, la Constante Fabert à Caen, L'Union Rurale à Trois-Monts, L'Etroite Amitié à Honfleur sont toutes des Loges de Saint-Jean. ces références à l'évangile, aux principes de vertu et de charité, attirent des gens d'église qui fréquentent les Loges à Falaise, Bayeux, Trois-Monts et Caen. | Trois en-têtes de tableaux de Loges de Saint Jean
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La Franc-Maçonnerie est en pleine recherche d'unification, chaque tendance cherche à rallier le maximum de Loges et suscite la création de nouveaux ateliers en province. Ainsi, en 1765, la Loge Caennaise, La Constante Amitié, est fondée à Paris sous le patronnage des FF.·. ZAMBAULT et MOET tous deux Parisiens et parties prenantes de ces restructurations. Les Loges se sont souvent répandues en province par l'intermédiaire d'officiers de régiments en garnison. Exclusivement militaires, elles se sont ensuite ouvertes à des personnalités locales, c'est le cas de la Constante Fabert issue d'une Loge de l'Orient du régiment de Saint-Louis en garnison à Caen jusqu'en 1783.
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