A Paris, le gouvernement provisoire proclame la liberté de conscience, la liberté de réunion, la liberté de la presse, l'abolition de l'esclavage, le droit au travail ; de nombreux maçons y figurent :
|
|
|
|
|
|
| ![]() Blanc |
Le 4 mars, le sénat maçonnique ouvre ses travaux par une batterie de deuil à la mémoire des héros de la Révolution et vote une souscription de 500F pour les familles des frères martyrs de la Révolution, (acte plus symbolique que ruineux, seuls 2 maçons ont été tués au cours des combats de rue).
Le ralliement des Maçons à la République :
Le 6 mars, Schoelcher accueille à l'hôtel de Ville une députation du Grand Orient de France, qui, revêtue de cordons maçonniques, se rend auprès du gouvernement provisoire pour lui remettre une adresse d'adhésion au grand mouvement national et social qui vient de s'opérer et promet le concours des 40 000 maçons, réunis dans 500 loges, pour achever heureusement l'oeuvre de régénération si glorieusement commencée (en réalité le nombre de 40 000 serait exagéré, il n'aurait été en réalité que de 12 000 dans 350 loges).
| Le G.O. publie une circulaire aux loges pour témoigner de son adhésion à "La République une et indivisible" Les frères sont certes invités à ne pas introduire dans le temple des discussions brûlantes mais à traiter des hautes questions sociales inhérentes au bonheur de tous avec sagesse et maturité et à travailler sans passion à la félicité commune. Le ralliement à la République est bruyant et rapide, il correspond aux voeux de la base. Est il toujours sincère de la part d'anciens Orléanistes qui deviendront aussi vite partisans de Louis Napoléon Bonaparte ? |
Pour la première fois, le droit pour les loges d'aborder les questions sociales, en évitant les discussions partisanes, est reconnu et même recommandé.
A Caen, comme partout en France, on débaptise et on remanie à tours de bras : Ce qui était "Royal" devient "National", la place, les messageries, le lycée, Le Haro "Journal Normand" devient "Journal Républicain". Préfet, conseillers municipaux, procureurs sont remplacés. Hippolyte Carnot, ministre de l'instruction publique, prépare un projet de loi sur l'instruction primaire gratuite et obligatoire. La fièvre républicaine gagne toutes les couches de la population.
En mars et avril, on prépare les élections pour le 22 avril. A Paris comme à Caen, des clubs naissent où les candidats viennent exposer leur programme et recevoir une sorte de validation politique ; parmi eux, le club de l'Union et celui de la Fraternité, qui se donne pour but " l'amélioration de la condition morale politique et matérielle de tous". celui de l'Union regroupe les anciens royalistes de Caen.
![]() | Les professions de foi, affiches, médailles utilisent le même vocabulaire : Liberté, Egalité, Fraternité viennent en tête, Beaucoup d'affiches et tracts républicains préfèrent le qualificatif de "Frère" à celui de citoyen. |
"La Franc-maçonnerie, essentiellement républicaine, en répandant ses principes démocratiques dans toutes les classes de la société, a puissamment contribué à l'heureuse Révolution qui, en détruisant le despotisme monarchique, vient de proclamer en France le gouvernement républicain. La République est dans la maçonnerie et les maçons doivent unir leurs efforts aux efforts de la nation pour assurer à jamais le triomphe de ces dogmes divins Liberté, Egalité, Fraternité et la stabilité des institutions républicaines. Elle appelle les francs-maçons à examiner les professions de foi des candidats et accorder la plus grande attention à leurs qualités de patriotisme, probité et capacité." )
Appel aux Maçons affiché à Paris (Les signataires de cet appel se rallieront tous à Bonaparte ! )
| 1848 - 1870 | 