(1825) - Trinosophes Neustriens.(10)
Orient de Caen
La courte existence de cet Atlier se divise en deux périodes distinctes : la première, que l'on peut appeler la période de fondation, a lieu du 15 mars 1825 à l'année 1832, époque de la première mise en sommeil
Cette période est nulle : la Loge naissante était à peine organisée lorsqu'eût lieu son premier sommeil que rien n'explique.
Cette inaction dura 17 ans. La Loge se réorganisa et reprit sesTravaux en 1849 avec 18 membres seulement ; la prospérité fut telle qu'un an après l'Atelier comptait 67 membres dont 50 résidents à Caen.
La Loge ainsi composée donnait les plus belles espérances lorsqu'un événement doublement regrettable vint jeter la consternation dans son temple : une dénonciation infâme était portée contre elle par un malheureux nommé DUPONT-LONGRAIS qui bien que maçon s'était vu refuser l'entrée des Temples maçonniques en raison de son inconduite notoire. Pour se venger, DUPONT-LONGRAIS accusait les Trinosophes Neustriens de se mêler à la politique.
Une enquête fut ordonnée ; elle eût pour résultat la justification la plus éclatante de la Logeincriminée et tourna à la confusion de l'auteur de la dénonciation. DUPONT LONGRAIS était le fils du président de la Cour d'Appel : ses débordements faisaient le désespoir de son père qui avait du le faire interdire à la suite de dérangements occasionnés par l'abus des boissons alcooliques.
Remise de cette épreuve la Loge des Trinosophes Neustriens marchait d'un pas ferme et confiant ; mais elle fut promptement arrêtée dans son élan par la suspension générale des séances maçonniques, décrétées à la suite du 2 décembre 1851.
Cette suspension ayant été de courte durée, la Loge allait reprendre la gourde et le bâton de voyage, quand elle apprit la révocation du Très Respectable Frère HUBERT alors chef du Secrétariat général. Profondément affligée de cette mesure inexplicable, elle fit écrire, par son Vénérable le Frère JOBERT, au G.O. pour le prévenir qu'il pouvait la considérer comme étant en Sommeil définitif.
Les Trinosophes Neustriens ont tenu parole : fidèles dans leur dévouement à la personne du Frère HUBERT, ils n'ont pas repris leurs Travaux Nous sommes en mesure de leur affirmer que s'ils avaient consulté notre excellent Frère HUBERT, il les aurait engagés bien sincèrement à oublier le fait dont il était la première victime, et à persévérer dans la vie maçonnique comme il l'a fait lui même, avec un zèle et un dévouement qui font sa gloire et celle de la maçonnerie entière.
Nous savons qu'il existe encore à l'Orient de Caen quelques Trinosophes, et nous n'hésitons pas à leur faire appel pour reprendre les Travaux interrompus par le double Coup d'Etat profane et maçonnique. 